Le réflexe de remplissage et ses conséquences
- PLAZANET Vanessa
- il y a 1 jour
- 1 min de lecture
Je pensais que c'était un truc de TDAH.
Ce besoin d'occuper chaque micro-pause entre deux requêtes IA. Pendant que le modèle mouline, le cerveau détecte un vide et le remplit. Immédiatement. J'en fais partie, alors j'avais naturellement mis cela sur le compte de mon impatience chronique.
Et puis j'ai commencé à observer et questionner : clients et entourage. Tous secteurs, tous profils.
Nous sommes nombreux, très nombreux à avoir ce réflexe de remplissage.
40 secondes d'attente. Et hop : un mail, une notif, une "petite chose" vite fait.
Sauf que ce n'est jamais vite fait.
La chercheuse Sophie Leroy (université de Washington) a nommé ce phénomène « l'attention résiduelle » (« attention residue ») : quand on switche de tâche, le cerveau ne lâche pas vraiment la précédente. On revient sur la réponse IA, mais une partie de l'attention est encore ailleurs.
Le fil de pensée est cassé. On relit. On se re-contextualise. On a perdu ce qu'on allait dire. On a l’impression de courir derrière nos pensées pour ne rien oublier, ne rien rater.
La fatigue cognitive s'accumule. Discrètement. Sans qu'on la voie venir.
Ce n'est pas de la paresse. Ce n'est pas du manque de concentration. C'est un automatisme que l'IA vient d'installer dans nos journées de travail, et dont personne ne parle encore vraiment.
Est-ce que ce sujet vous parle ?





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